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Juste m'échapper.

Juste m'échapper.

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Texte du 4 septembre 2014.

Texte du 4 septembre 2014.

Texte du 4 septembre 2014.

"Ça se passait dans une pièce. Une grande pièce remplie de chaises, de bureaux, de cadres accrochés au mur. Cette pièce n'était pas très accueillante autrement dit, c'était une classe. La classe où j'allais avoir cours pour les dix prochains mois.

Elle était grande et très mince. De courts cheveux roux cachaient ses oreilles et tombaient presque sur ses petits yeux bleus. Elle avait l'air plutôt sympathique avec son grand sourire. Elle, c'était ma prof' principale.

Puis il y avait eux. Eux, ils étaient une vingtaine, tous plus beaux, plus riches, plus hypocrites, plus vantards les uns que les autres et encore tout un tas d'autres adjectifs.
J'entrai dans la pièce et là, tous me dévisagèrent de leur air hautain comme si ils étaient les rois du monde.

Je suis très différente de tous ces élèves. Je n'ai pas un physique des plus plaisants, je suis le genre de fille qui préfère être seule dans son coin à lire plutôt que raconter toutes les sottises dont les filles ont l'art de parler. Je suis loin de vivre sur l'or aussi, je ne m'habille donc avec aucune marque, ce qui avait l'air de les déranger. Je porte pratiquement que du noir, le genre de t-shirt à l'effigie d'un groupe de metal, des jeans tout déchirés, les bras couverts de bracelets loin d'être identiques aux assemblages de diamants que portaient certaines élèves.

" Voici la nouvelle élève, elle s'appelle Caroline, tâchez d'être accueillants avec elle. Tu peux prendre place à côté de Veronica si tu veux, sois la bienvenue."

A peine, la professeur avait cité Veronica comme étant ma nouvelle voisine que celle-ci avait soupiré à en extraire tout l'air qu'elle avait dans les poumons comme si j'étais le pire fardeau au monde. Et au fond, c'est un peu ce que je suis...

Le cours commença et je sentais leurs yeux rivés sur moi, certaines filles chuchotaient en gardant un œil sur moi, d'autres riaient en me dévisageant. Les garçons s'occupaient de lâcher quelques petites phrases blessantes sur mon physique, sur mes gouts vestimentaires.

Pour tout vous dire, j'avais l'habitude de ce genre de quotidien. Insultes fusant de tout côté, parfois les coups venaient s'y joindre. Voilà mon quotidien au lycée en plus de tous les problèmes extérieurs mais je ne vais pas me plaindre, il y a bien pire que moi. Alors je souris, efface les critiques, couvre les coups et avance.

En sortant de la salle de classe pour rejoindre la cour de récréation, je me trouvai un petit coin bien tranquille en dessous d'un arbre, je sortis mon livre, "Stupeur et Tremblements" un grand classique d’Amélie Nothomb. Je repris ma lecture à la page cinquante et une, là où je m'étais arrêtée la veille. Étant plongée dans ma lecture, je ne les vis pas arriver. Ils étaient huit, cinq filles et trois garçons. Les filles dont une que je reconnu assez vite; Veronica, commencèrent à me cracher dessus, m'insultant de catin, et là elles sortirent des photos que je ne mis pas très longtemps à reconnaitre. C'étaient des clichés que j'avais envoyé à mon ex petit-ami. Une erreur qui m'avait valu beaucoup mais quelle jeune fille n'a jamais cru au grand amour et était prête à tout pour le satisfaire? C'est ce que j'avais fait, je me suis faite prendre au piège car à peine je lui avais envoyé les photos qu'il les avait publiées sur toutes sortes de réseaux sociaux tels que Facebook, Twitter, Ask et autres ruinant ainsi ma vie sociale.

Les trois gars m'emmenèrent vers un lieu que je ne connaissais pas encore mais je compris vite que c'était les vestiaires de gymnastique. J'hurlai, espérant obtenir de l'aide de quiconque ayant un cœur dans ce fichu lycée mais personne vint mettre fin à ma douleur et au début de cet horrible cauchemar. Ils me déshabillèrent, enlevèrent simplement leur jeans et commencèrent leurs actions. Ils y passaient tour à tour, m'insultant à chaque fois, me répétant que toute façon j'aimais ça, que c'était la seule chose que je méritais car je n'étais qu'une catin, une putain. Ils filmaient aussi me mettant bien en scène pour être surs que chaque personne me connaissant au moins de vue me reconnaisse sur cette vidéo. Cette vidéo, mon cauchemar, la fin de ma vie.

En plus de jouer avec moi comme si je n'avais aucune valeur, à me retourner dans tous les sens, ils me mettaient des coups comme si tout leur était permis. Les larmes coulaient sur mes joues mais aucun son n'arriva à sortir de ma bouche.
Leurs actions enfin finies, ils se rhabillèrent, me laissant par terre, prirent encore quelques photos en les publiant direct sur les réseaux sociaux.

J'étais à terre, seule enfermée dans les vestiaires car ils avaient pris la peine de fermer à clés. Totalement dénudée, les joues trempées par mes larmes, je me roulai en boule attendant de l'aide.

Enfin, voulais-je vraiment que quelqu'un me sorte de là? Une fois sortie, je devrais tout assumer alors que photos et vidéos circulaient à nouveau sur le net, j'étais foutue. Plus jamais je n'aurais une vie sociale, jamais je n'arriverais à me remettre de ce traumatisme.

J'étais habituée aux critiques, aux coups mais cette fois, ils avaient été trop loin.

J'étais habituée à me faire du mal, scarification, médicaments, alcool et cette fois ça irait plus loin.

Je m'allongeai dans la douche des vestiaires, mis en route l'eau. Je me couchai à même le sol laissant couler l'eau sur mon visage.
Comme toujours j'avais une petite lame dans mon jeans que je gardais, je la pris et entrepris de m'ouvrir les veines comme jamais. Le sang coulait à flot et bientôt je me sentis partir. Partir vers un monde meilleur là où le rêve serait autorisé au lieu de vivre un cauchemar au quotidien.

J'allais enfin être heureuse, n'est ce pas étrange que le bonheur arrive avec la mort? Comme si en mourant, j'allais enfin vivre ma vie.
Je m'endormis, ne ressentant plus aucune douleur..."