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Juste m'échapper.

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Texte du 21 décembre 2014 (écrit avec une amie).

Texte du 21 décembre 2014 (écrit avec une amie).

Texte du 21 décembre 2014 (écrit avec une amie).

Les étoiles défilaient sous mes yeux comme le paysage à la fenêtre d'une voiture... tout paraissait flou, déformé. Or je n'étais pas à bord d'un véhicule, et la nuit n'était pas étoilée. Tout n'était qu'illusoir, ou bien source de mes pensées. Tout n'était que cauchemar, prêt à se réaliser.

J'avançais pas à pas dans une petite ruelle pas très loin de chez moi. Je sentais son souffle sur ma nuqueet ses mains bloquant mes bras et me poussant à avancer. Il me faisait mal mais je n'osais pas prononcer un seul mot. Dans sa poche, je le savais, il y avait un couteau. Il s'en servait pour me menacer. Si je criais, si je tentais de m'échapper, si tout simplement je ne faisais pas ce qu'il voulait, il me tuerait sur le champs.

J'étais son jouet, son passe temps à ses heures perdues. Il savait qui j'étais, il me traquait. Chaque soir, la même chose se reproduisait. Mais chaque soir, je sortais. Non pas car j'aimais sa présence, loin de là. Cet homme me terrifiait. Si je me promenais en pleine nuit c'était pour observer le ciel, et pouvoir ainsi m'évader.

Chaque nuit, la même scène se déroule. Je me couche sur l'herbe dans le parc à deux rues de ma maison, j'admire les étoiles pendant une bonne trentaine de minutes puis il arrive, m'emmène, me brutalise en m'interdisant de prononcer un seul mot. Au bout d'une centaine de mètres, il me bande les yeux et j'oublie où je suis. Chaque nuit, je vis le même cauchemar.

Chaque nuit, j'oublie qui je suis. Je me perds entre rêve et réalité... et chaque nuit, quand je m'endors, j'imagine ce qu'il me fera subir le lendemain, lors de notre prochaine rencontre. Comme si ma vie ne se résumait qu'à ça. Comme si ma vie ne se résumait qu'à cet homme.

Au début, dans mon sommeil, je revoyais seulement les moments passés avec lui. Maintenant, je les imagine, je les crains. J'imagine même parfois une suite et je suis dégoûtée. Dégoûtée de cet homme, dégoûtée de moi-même. Chaque nuit, j'ai peur de ressortir et pourtant je le fais. Comme si quelque chose me forçait à le faire, comme si de loin il m'appelait et qu'une force invisible me portait jusqu'à lui. Chaque nuit, j'oublie qui je suis, j'oublie ce que je fais; je ne sais plus qui je suis.

Peut-être un jouet, un vulgaire pantin avec lequel on passe du temps avant de le jeter. Peut-être une victime, celle de la nuit, des cauchemars. Ou bien simplement une fille, comme toutes les autres, mais détruite, anéantie.

Celle qu'on force, celle qu'on oblige. Celle avec qui on s'amuse. Celle dont on abuse.
Chaque nuit dans cette pièce, il me déshabillait doucement comme une petite fille déshabillerait sa poupée, mon regard se perdait tandis que les larmes coulaient sur mes joues. Je ne bougeais pas.
A chacune de ses caresses, je frissonnais. Pas de plaisir non, juste de peur... La peur que pendant une nuit de plus, il m'enlève toute dignité. Il me fixait avec une lueur de désir, je voyais dans son sourire à quel point il prenait du plaisir.
Et quand il avait fini de m'enlever chaque vêtement me recouvrant et qu'il rentrait en moi, tout était fini; je ne pouvais pas tomber plus bas.