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Juste m'échapper.

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Texte du 19 février.

Texte du 19 février.

Texte du 19 février.

La jeune fille aux courts cheveux noirs.

Elle était de deux, trois ans mon aînée. Je l'admirais depuis déjà plusieurs mois, discrètement un coup d’œil dans la cour, on se frôle dans les couloirs, je la repère à la fin des cours...

Elle était plus petite que moi, ses courts cheveux foncés ne lui arrivaient même pas aux épaules, elle portait de temps en temps des lunettes qui lui allaient parfaitement. Par son petit accent, je compris qu'elle était d'origine étrangère ce qui me conquis encore plus.
Au delà ces informations, elle était une parfaite inconnue.

Les jours passant, je l'aimais plus encore. Je sus qu'elle aimait les filles ce qui me rassura; j'avais mes chances ! Je cachais mes sentiments à mes amies, je ne tenais pas à ce qu'elles sachent ma sexualité ou du moins pas tout de suite.

Un jour, son regard se leva sur moi. Ses yeux pétillaient et moi, je mourrais sous ces pétillements.
Elle me sourit. Je décela un peu de gêne ou plutôt de la timidité dans ce sourire, ce qui ne me laissa pas indifférente.

Je finis par apprendre grâce à quelques connaissances qu'elle portait le doux prénom d'Anna.

Anna.
A la pensée de ce nom, je frissonne.
A la pensée de ce nom, je rêve.
A la pensée de ce nom, je vis.

Un jour parmi tant d'autres, j'étais dans mon monde et ne faisais absolument pas attention où je marchais. Je releva la tête juste au moment où je fonçais dans quelqu'un. Des livres tombèrent et je me baissa pour les ramasser.
En relevant la tête, je la vis. C'était dans elle que j'avais foncé. Nos regards se croisèrent, des sourires s'échangèrent, mon cœur s'arrêta.

" Salut !" dit-elle sans savoir que ce simple petit mot allait provoquer en moi l'effet d'un véritable ouragan. Je sentais mes joues rougir, je sentais mes mains trembler, je sentais mon cœur rebattre à toute allure; j'étais folle d'Anna.

On se releva toutes les deux, je lui rendis ses livres avec bien du mal vu à quel point je tremblais. Je la regarda dans les yeux, la bouche entre-ouverte, je n'étais plus de ce monde, je jouissais à son image, à son toucher.

Pris d'un excès de folie, je la poussa doucement contre le mur et pressa mes lèvres sur les siennes. Ma langue se fit un passage et vient à la rencontre de la sienne; elle se laissait faire. Je sentis des regards se poser sur nous mais personne ne pourrait défaire notre étreinte si passionnelle.

Nos langues se délièrent pour laisser place à une fusion de nos yeux. Je ne la lâcha pas du regard, elle était si belle...
Elle replaça une de mes mèches qui était tombée sur mon visage. Elle avait une telle douceur, une telle grâce d'effectuer chaque geste.

Elle reposa ses lèvres sur les miennes et me donna rendez-vous après les cours. Sur ces derniers mots, elle prit ses affaires et repartit en cours car la sonnerie venait de retentir.

Le sourire aux lèvres, je pris mon sac et partis vers ma salle de classe.

Depuis ce jour, la jeune filles aux courts cheveux noirs était la fille dont j'étais amoureuse, la fille qui m'aimait, celle qui me faisait vivre.