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Juste m'échapper.

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Le canapé rouge : texte, remise de prix ~ Mon premier concours gagné.

Le canapé rouge : texte, remise de prix ~ Mon premier concours gagné.

Le canapé rouge : texte, remise de prix ~ Mon premier concours gagné.

Mais quel est ce titre à rallonge?

Il y a quelques mois, j'ai participé à un concours organisé par des bibliothèques belges (et une française) pour lequel il fallait écrire une nouvelle. Le thème était passion et les autres critères étaient tellement minimes que ça ne bloquait en aucun cas mon inspiration !

J'ai donc participé, écrit ce texte en décembre, relu et relu corrigé grâce à l'aide de Rebecca ( Merci merci merci merci ). Je ne la remercierai jamais assez pour les corrections autant sur cette nouvelle que sur mon roman. Elle m'aide à supprimer les passages trop longs, 'inutiles', à reformuler certaines phrases bancales (voire pas françaises mdr) et puis elle m'encourage beaucoup ce qui n'est pas du tout de trop pour moi !
Je dois avouer que je ne pensais pas gagner, même si j'étais dans une catégorie ado et qu'on était pas beaucoup dans cette catégorie, je ne pensais pas gagner ( ma meilleure amie aussi a gagné, les deux petites ados)
J'ai donc reçu une lettre il y a quelques temps pour m'annoncer que j'avais gagné et puis samedi, remise des prix et réception du recueil que je trouve vraiment sublime !

Photos de mon beau père et d'un bibliothécaire de la bibliothèque de Wellin. 

Vous pourrez remarquer que j'ai l'air très mal à l'aise x) la petite blondinette c'est ma meilleure coupine.

Et puis voici le super recueil !

Je voulais vous remercier parce que c'est aussi grâce à vous tout ça, à vos encouragements ! Merci !

Je vous laisse découvrir ma nouvelle, j'espère que vous l'apprécierez !

Le canapé rouge :

J’ai passé mon temps à t’attendre. Je regardais comment tu évoluais à chaque instant, je te suivais partout. Dans la rue, je cherchais à t’apercevoir à la gare, je connaissais tes horaires et tes destinations. Lorsque mon bus passait devant chez toi, je me collais à la fenêtre pour t’apercevoir. Sur les réseaux sociaux, j’épiais chacun de tes faits et gestes : je t’observais. Ce rituel n’a jamais changé… Je sais tout de toi.

Tu as toujours les traits fins, tu remets sans cesse tes bouclettes brunes tombant devant tes yeux verts qui pétillent toujours derrière tes petites lunettes. Tu marches vite, tes écouteurs dans les oreilles, ceux que je t’ai offerts il y a bien longtemps, un bon vieux son de Metallica résonne dans ta tête et tu te fonds dans la masse. Concrètement, tu n’es pas différent des autres jeunes mais tu es différent pour moi. Tu es celui qui a fait de ma passion, une obsession…

Un tas d’années. Je ne sais même plus depuis combien de temps toi et moi c’est fini. Tant d’années que j’ai passées à essayer de revenir dans ta vie, en vain. Je me suis éprise de bien d’autres, cherchant à t’oublier dans l’odeur d’un amant. Avec du recul, je me mentais à moi-même. J’ai cherché à t’oublier tout en voulant te retrouver. J’en embrassais d’autres pour oublier tes lèvres mais certains te ressemblaient tellement… J’ai fermé les yeux pour oublier les tiens mais ils ne cessaient de me hanter… Je me pensais vraiment capable de t’oublier…

Je continue donc de te suivre chaque jour, de rêver de toi chaque nuit : tu m’obsèdes. Si au début, j’étais folle amoureuse de toi, tu m’as maintenant rendue folle à lier, bonne à enfermer. Je me suis arrachée les poignets pensant que tu reviendrais par pitié. Je me suis rendue vulgaire, cherchant à te croiser clope et alcool à la main, pensant que c’était ce que tu cherchais à présent. J’ai fondu en larmes dans tes bras en te parlant de nos débuts, pensant que te rappeler nos doux souvenirs, te ferai revenir… Tu ne voulais plus de moi.

Je t’ai vu approcher d’autres filles de cette façon timide qui m’avait fait succomber. Je t’ai vu te faire remballer, j’ai vu ta déception et mon petit cœur se fendre. Puis Elle est arrivée… Tu as craqué pour elle dès le premier jour et il n’a pas fallu longtemps pour que ça soit réciproque.

Ce visage enfantin… Cette salope… Elle me dégoute. Elle me donne la nausée.

J’ai vu de près votre amour naître. De trop près. Je l’ai vue prendre ma place au fur et à mesure : dans ton quotidien, dans ton lit, dans ton cœur… Je me suis vue disparaitre de ta vie au fur à mesure… Plus de message, plus de nouvelle. Presque laissée pour morte…

Plus tu te détachais de moi, plus je refusais de te lâcher. Savoir que tu étais seul me laissait croire qu’on pouvait encore s’appartenir tous les deux. Je me voilais juste la face.

Impossible de ne plus penser à toi. La nuit, je sentais encore tes mains sur mon corps, je ne pouvais plus faire l’amour avec un homme car mes pensées allaient toujours vers toi, je me sentais sale. J’étais devenue incapable d’aimer et de désirer une seule et même personne autre que toi. Je pensais t’avoir oublié et te voir en aimer une autre a tout ravivé. Je tentais de me persuader que tu me manquais comme un ami mais c’était tellement plus…

Aujourd’hui, les années ont passé. J’ai maintenant trente ans et comme prévu, j’ai ouvert le premier café littéraire de la région. Jusqu’à ce matin, je pouvais presque dire que le bonheur était à portée de mains.  

Mais aujourd’hui, elle a de nouveau tout chamboulé comme elle l’avait fait presque quinze ans plus tôt. Elle t’a parlé de mariage et tu as dit oui. Vous allez vous marier, tu vas l’épouser. Si tu as évité le contact avec moi depuis toutes ces années, ce n’est pas son cas. Elle est donc venue prendre un café chez moi, toute heureuse avec ce sourire niais que j’ai toujours voulu lui arracher.  Ses yeux pétillaient quand elle évoquait le grand jour tandis que je tanguais, prise d’horribles vertiges, m’efforçant de ne pas renverser les commandes des clients. J’ai tenté d’être contente pour vous, je te promets que j’ai tenté... Elle est repartie toute frétillante, de la même façon qu’elle est arrivée. J’ai senti mon cœur vaciller, les vertiges s’amplifier alors que la haine s’immisçait en moi ; j’ai cru que mon corps allait me lâcher. Je n’aurais pas pu faire autrement, j’ai laissé les clés du café à mon employée et je l’ai suivie. Elle allait te rejoindre chez vous, dans votre merveilleuse maison sortie tout droit d’un cliché de Walt Disney.

Je t’observais à travers la fenêtre, tu étais toujours le même. Toutes ces années n’ont fait que te rendre plus beau encore. Elle est entrée et a couru t’embrasser et je ne cachai pas ressentir une pointe de jalousie me cinglant. J’imagine qu’elle a prononcé mon nom en te rapportant notre entrevue, car je t’ai vu tressaillir et ton regard s’assombrir…Elle n’a jamais été consciente de tout le mal que ça pouvait me faire, cette idiote. Mais toi, tu sais. Tu sais que malgré tous mes efforts, je continue à ressentir quelque chose de trop fort pour toi. Tu m’as entendue te supplier mille fois de revenir, tu as vu la douleur et le désespoir dans mon regard à chaque fois que l’on s’est croisés. Tu es conscient qu’elle est venue se vanter de votre relation pour me tenir écartée de toi. Elle n’a jamais vu l’amour que je continuais à te porter mais elle a bien remarqué que je ne te laisserai jamais indifférent. Elle ne sait pas comment elle se trompe, je suis bien décidée à te récupérer d’une façon ou d’une autre…

Tu pris ton manteau - je suppose que tu devais partir travailler- je me suis aussitôt cachée derrière la haie séparant le jardin de votre habitation. Tu ne devais pas me voir…

Tu es sorti et tu as couru vers ta voiture. Comme toujours, tu étais en retard. Ton véhicule a maintenant disparu et j’en profite pour sortir de ma cachette. Je sonne. Une fois, deux fois, trois fois : pas de réponse. Mais qu’est-ce qu’elle fout cette salope ?

Après quelques secondes, elle vient enfin ouvrir cette fichue porte. Toujours souriante. C’est dingue comme je la hais. Malgré son sourire, je décèle un peu d’inquiétude dans ses yeux ce qui provoque immédiatement en moi, un frisson de plaisir.

Elle me demande ce que je viens faire ici, m’informant par la même occasion de ton départ. Je ne lui réponds que par un bon coup de poing dans sa sale gueule. Je me sens prise d’une sorte de transe comme si la cogner pouvait me faire autant d’effet que de baiser. Je n’ai aucun de mal à la maitriser, elle fait à peine quarante kilos et je la surplombe de deux têtes. Je la traine à l’intérieur. Par chance, tu habites un coin tranquille, un joli bois empêchant le voisinage dans plusieurs kilomètres à la ronde : aucun risque de me faire surprendre.

Avant de la ligoter à une chaise, je prends le temps de la déshabiller, le spectacle sera encore plus beau. Je lui jette un verre d’eau en plein visage ce qui a le mérite de la réveiller en sursaut. Elle met quelques secondes à comprendre où elle est puis ses yeux se tournent en ma direction. Elle essaie de cacher sa panique mais le regard ne ment pas, surtout depuis que j’ai attrapé le couteau à viande posé sur le plan de travail de cette charmante cuisine.

Te rends-tu compte qu’elle a eu le culot de me supplier de ne lui faire aucun mal ? Elle qui me torture depuis tant d’années ? Ne penses-tu pas que j’ai le droit à ma douce vengeance ? Cette écervelée m’interroge du regard comme si cette elle n’avait aucune idée de mes motivations.

Alors, je commence un monologue dans lequel j’explique en long et en large ce que je ressens, et que j’ai toujours ressenti pour toi. Elle semble tomber des nues. Selon elle j’aurais dû être heureuse. Heureuse qu’elle m’ait volé mon premier amour. Quelle imbécile.

Elle me demande ce que je vais faire avec ce couteau. Elle est encore plus bête que je ne le pensais… Que peut-on bien faire avec un couteau si ce n’est couper ? Je lui réponds que je vais lui rendre le quart de la souffrance qu’elle m’a infligée depuis tout ce temps. Ne me trouves-tu pas encore bien gentille ? Je lui ferai moins de mal qu’elle m’en a fait.

Elle se met à murmurer ton nom. Tu résonnes dans ma tête, elle continue sans cesse de t’appeler. Un ouragan de souvenirs avec toi manque de m’affaiblir ; je dois me reprendre : je hurle. Elle tressaille et la force me revient de suite. Elle ne gagnera pas.

Je perds de plus en plus le contrôle de moi-même, je me mets à saccager votre salon, lançant vases et divers objets, saccageant tout dans les moindres recoins mais ça ne suffit plus : j’ai besoin de plus de violence. Je commence à lui taillader les cuisses. Lentement, doucement, comme si j’étais en train de peindre. C’est un peu ce que je fais après tout, je peins de belles lignes sur ses jambes à l’aide de son sang. Elle pleure. Je suppose que ça fait mal. Moi, je suis déjà presque au bord de l’orgasme… Plus elle se plaint, plus je la taillade et plus elle gémit encore. Quelle nunuche elle fait !

Elle ferait mieux de se taire. Mais non, elle me supplie de toutes les manières possibles d’arrêter. Elle me promet même que si je lui laisse la vie sauve, elle annulera votre mariage et tu pourras partir avec moi. Elle est si bête… Je sais bien, moi,  que c’est elle que tu aimes. Elle tente de me retourner le cerveau en me disant que tu ne m’as jamais oubliée, que tu tiens toujours à moi… Foutaises ! Par ces doux mensonges, elle essaye de me calmer mais ma colère ne cesse de se décupler.

Je m’attaque à tout son corps de la même manière qu’à ses cuisses… Un rire m’échappe lorsque je remarque qu’elle ressemble vaguement à un zèbre avec ses rainures. Je perds totalement le contrôle… Cette colère, ce désir de vengeance me font rentrer dans un tel délire… Je veux qu’elle souffre plus encore ! Je l’excise. Le sang gicle, j’ai les mains couvertes de son sang. Oh si tu savais comment elle hurle, si tu savais comment je joui au même moment.

Je reprends mon souffle, c’est épuisant cette torture, et je la laisse récupérer quelques minutes, elle aussi. Ça doit faire tellement mal qu’elle ne semble même plus ressentir la douleur…Je trouve maintenant dans ses yeux la peur de ne plus jamais ressentir aucun plaisir. C’est vrai, qu’est-ce que la vie sans plaisir ? Après avoir été tant de fois baisée en ne pensant qu’à toi, baisée en pleurant parce que je ne ressentais plus rien si ce n’est la souffrance de t’avoir perdu, je savais ce qu’était une vie sans jouissance sexuelle. Je lui explique cela et je n’omets pas de lui dire qu’elle n’a pas à s’inquiéter pour ses plaisirs futurs car elle ne sortira pas vivante de cette journée. Elle se remet à hurler, ce qui ne sert à rien vu la forêt qui nous entoure et je me dis qu’en ce moment, elle doit regretter d’avoir choisi cette villa isolée.

Dans un excès de colère, je lui ai enfoncé l’arme plus profondément dans son ventre. Ô que j’ai aimé voir ses tripes reposer sur ses genoux. Pour l’avoir vue de façon si intime, je peux t’assurer que les papillons qu’elle assurait avoir dans l’estomac pour toi, n’étaient pas présents. Elle ne t’a jamais aimé comme je le fais.

Et puis, elle s’est évanouie. Subitement. Après moult incisions, je pense qu’elle a fait un arrêt cardiaque. La peur l’a emportée, comme le désespoir a essayé de m’emporter à maintes reprises. Elle est moins forte que moi. Je suis forte. J’essaye de la réveiller de plusieurs façons mais il n’y a plus de pouls. Je la détache et la traine jusqu’au canapé rouge à l’entrée du salon, je l’allonge. Son sang se mêle au tissu, comme s’il avait toujours fait partie du décor…

Je la regarde. Elle couchée, moi assise sur cette maudite chaise. Elle est morte physiquement mais elle a passé pratiquement toute sa vie à tes côtés. J’ai passé ma vie à être morte psychologiquement attendant d’être à tes côtés.

A présent, j’entends ta voiture se garer. Tu rentres enfin à la maison, soulagé d’avoir fini cette dure journée de travail, sans te soucier de celle que vient de vivre ta fiancée. J’ai l’impression qu’une heure à peine s’est déroulée depuis que tu es parti ce matin mais en effet, ma montre affiche déjà 18h. Ma folie m’a complètement fait perdre la notion du temps… J’entends que tu enlèves ta veste et la pose délicatement au porte-manteau. Tu entres lentement dans le salon, nonchalant comme à ton habitude. Tes yeux se posent sur nous, les deux femmes de ta vie.

Etonnamment, ton regard glisse vaguement sur le corps de ta chère et tendre pour enfin se poser sur moi. Tu as compris ce qui était en train de se passer, tu me sautes dessus pour tenter d’y changer quelque chose mais il est déjà trop tard… Je me suis ouvert les poignets à l’aide de la lame qui avait tué ta compagne, nos sangs se mélangent. Au final nous sommes liées toutes les deux, liées par l’amour que l’on éprouvait pour toi…

Je t’entends me murmurer quelque chose à l’oreille, je crois percevoir un « je t’aime » empli de désespoir mais je ne peux pas en être sûre…

Tes yeux sont la dernière chose que je vois avant de m’éteindre… Je n’ai vraiment pas été capable de t’oublier, folle de toi jusqu’au bout…

 

~ Juste m'échapper.

Les autres nouvelles dans le recueil valent vraiment le coup, si ça vous intéresse, il est au prix de 10 euros, envoyez-moi un message en privé pour que je vous explique parce qu'il ne se vend pas en ligne !

 

Encore merci à tous, pour tout !

 

Ps : les examens arrivent et c'est la raison du pourquoi je suis encore très absente sur vos blogs ! #ShameOnMe